Maître Guillaume Tefengang
Avocat pluridisciplinaire, reconnu pour son expertise en Droit international des Affaires et son engagement auprès des acteurs économiques et des particuliers, notamment en Afrique.
Fondateur du cabinet T-Lex, Maître Guillaume Tefengang adopte une approche stratégique et économique du droit pour accompagner ses clients dans leurs projets et garantir une sécurité juridique optimale.

Du corridor Gabon-Cameroun aux paradoxes de l’intégration africaine (par Me Guillaume Tefengang)
Méditons aujourd’hui, à la vue de cette note de conjoncture et de ces statistiques commerciales, la première et la dernière vérité du commerce africain : l’une qui révèle les entraves de nos échanges, l’autre qui établit leur résilience remarquable. Que ces chiffres nous convainquent des obstacles existants, pourvu que cette documentation, où l’on recense chaque jour pour nous des pratiques d’un si grand intérêt juridique, nous enseigne en même temps la vitalité de nos systèmes commerciaux endogènes. Cette étude de la Banque mondiale que nous examinons sera un témoin fidèle de l’une et de l’autre réalité. Voyons ce qu’une analyse rigoureuse révèle de nos dysfonctionnements ; voyons ce qu’une observation méthodique nous apprend de nos innovations. Ainsi nous apprendrons à comprendre ce que nos systèmes ont développé malgré les contraintes, afin d’attacher toute notre attention à ce qu’ils ont créé avec tant d’ingéniosité, lorsque nos commerçants, libérés de toutes les contraintes formelles et pleins de cette inventivité où ils excellent, ont trouvé des solutions toutes pratiques. Voilà les vérités que j’ai à traiter, et que j’ai crues dignes d’être proposées aux juristes de notre temps et à cette communauté de praticiens du droit des affaires africain.

De la BDEAC aux nouvelles routes de l’intégration africaine (par Me Guillaume Tefengang)
Contemplons aujourd’hui, à la vue de cette convention de financement et de ces projets d’infrastructures, la première et la dernière vérité de l’intégration africaine : l’une qui révèle la fragilité de nos institutions naissantes, l’autre qui établit leur grandeur naissante. Que ces accords financiers nous persuadent de la nécessité d’une approche nouvelle, pourvu que ces investissements, où l’on engage chaque jour des sommes considérables pour notre développement commun, nous enseignent en même temps la dignité de nos propres institutions. Cette opération de la BDEAC que nous examinons sera un témoin fidèle de l’une et de l’autre vérité.

L’ordonnance du 18 juillet 2025 : un nouveau visage pour l’investissement privé au Cameroun (par Me Guillaume Tefengang)
Il appert que les réformes économiques, si éclatantes soient-elles dans l’annonce, ne prennent sens qu’à la lumière de la continuité où elles s’inscrivent et des ruptures qu’elles assument. Celle qui nous occupe aujourd’hui, l’ordonnance du 18 juillet 2025 relative aux incitations à l’investissement privé au Cameroun, ne saurait être comprise comme un geste isolé : elle est le dernier acte d’un dialogue ininterrompu entre l’État et les forces économiques, dialogue parfois feutré, parfois heurté, toujours nécessaire. Je pense que pour la juger avec justesse, il faut d’abord voir ce qu’elle conserve, ensuite ce qu’elle déplace, et enfin ce qu’elle suggère de l’avenir.

Entre prudence et audace : la traversée des portes bancaires (par Me Guillaume Tefengang)
Il appert que les voies par lesquelles une entreprise naissante espère franchir le seuil d’une banque ressemblent souvent à ces longs corridors dont l’ombre inquiète plus que la distance elle-même ; l’issue est parfois visible, mais le chemin qui y conduit se perd en détours imprévus. À qui observe sans hâte, il devient manifeste que cette complexité ne tient pas seulement à la rigueur des règles écrites, mais à une manière d’esprit propre aux institutions luxembourgeoises : prudentes par nature, circonspectes par habitude, et plus portées à examiner qu’à accueillir. Le contraire eût été étonnant, me direz-vous, car l’histoire de cette place financière s’est bâtie sur une lente maturation, in illo tempore, au rythme mesuré de ceux qui savent que la confiance ne se décrète point, mais s’accumule comme une pierre sur l’autre.

Les métamorphoses fiduciaires du Bénélux : entre permanence et discontinuité (par Me Guillaume Tefengang)
C’est un fait qui ne saurait être éludé sans injustice : le Bénélux, cette vieille alliance de raison née de l’urgence d’une reconstruction européenne, s’est mué au fil des décennies en un espace discret et efficace où se concentrent les plus fines expressions de la technique juridique appliquée à la finance. Je pense que les juristes comme les investisseurs, qu’ils soient d’Orient ou d’Occident, y trouvent à la fois des repères familiers et des mécanismes d’une souplesse rare. Non pas que ces territoires se soient livrés à la complaisance fiscale ou à une quelconque évasion masquée, accusation trop facile, souvent jetée comme une ombre sans consistance, mais plutôt qu’ils ont su, chacun à sa manière, accueillir l’innovation tout en préservant la continuité de l’État de droit.

La mue silencieuse des patrimoines : une topographie fiscale en recomposition (par Guillaume Tefengang)
Mes chers lecteurs, Ce n’est plus une simple variation des vents fiscaux que nous observons à travers l’Europe : c’est une mue lente, grave, silencieuse