Des traités comme des miroirs : l’ordre fiscal mondial à la lumière de ses ambiguïtés (par Guillaume Tefengang)
Il est des matières juridiques qui, sans bruit ni fracas, modèlent en profondeur les rapports entre les puissances du monde, déterminent en silence les modalités de la circulation des richesses, et tracent, d’une main ferme mais discrète, les frontières mouvantes de la souveraineté étatique. Le droit fiscal international, en particulier dans sa déclinaison conventionnelle, appartient assurément à cette catégorie d’architectures invisibles qui soutiennent l’édifice global sans jamais en occuper ostensiblement le faîte. Il est bien clair et évident que celui qui s’y attarde avec une attention non distraite découvrira une scène où se joue, en creux, le drame contemporain du pouvoir : celui de taxer, de contrôler, de répartir, de coopérer.